Biographie Ol Kainry
Appelle-le John Spartan
« Sur mon premier album, je disais “Devine qui vient bousiller ton rap français ?” Et bien, je vous la pose encore cette question ! J’ai toujours la rage, même après plusieurs albums ! Pas de doute, Ol Kainry n’a pas perdu son âme destructrice. Il évolue toujours avec le même état d’esprit… Lui qui au début de sa carrière se considérait comme la relève du rap français. En 2007, un autre défi s’annonce donc pour ce destructreur de micros, ce mitrailleur de punchlines…
Appelle-le 9.1. Résistant…
Ol Timer ? Non tout simplement Ol Kainry, un passionné qui n’a jamais lâché la pointe de son stylo. Et peu de rappeurs peuvent s’enorgueillir de disposer d’un Curriculum Vitae Hip Hop de ce type : 3 albums solos, un EP en guise d’apéritif au début du millénaire, un album avec ses amis d’enfance Agression Verbale, un avec Dany Dan, sans oublier ses projets Facteur X aux côtés de Jango Jack et Kamnouze, véritables succès commerciaux à chaque fois.
Tel un Jean Moulin, le rappeur du label indépendant Nouvelle Donne résiste et“s’adapte” face à des maquisards issus de la nouvelle génération aux yeux couleurs euros et “croyant ch… du pétrole”, dès leur premier disque ! Et dans son dernier opus solo en date, Demolition Man, ce “buveur de haine” démontre une certaine facilité pour zapper habilement cette concurrence parfois malsaine notamment sur Parler Parler. Écrit par ses propres soins, ce titre s’avère être un joli pied de nez aux jaloux, avec une originalité et une bonne ambiance ayant plu aux participants qui rappent à sa place ce qu’il pense et ce que les autres pensent (Sefyu, Blackjack, D.O.C., Alpha 5.20…).
Appelle-le Black Spartiate ou Jason Bourne…
Avec du Mobb Deep, du Styles P ou du Young Jeezy dans sa tête, Ol Kainry reste toujours debout dans l’arène du rap français. Impossible pour lui de ne pas travailler des nouveaux flows et des nouvelles phrases chocs. Mais il n’est pas question de niveau ici, juste de “kiffance” et de rester frais ! Bouger la tête et mettre du punch, telle est la forme musicale du rappeur.
Perfectionniste, notre homme revient même vers la tendance musicale de ses débuts, avec les ambiances Queensbridge, “à la Mobb Deep”… Mais attention, Ol Kainry reste Ol Kainry, il n’y pas de Ol Céfran qui tienne ! “Je te parle de caisses claires qui claquent, de basses rondes, de sons mélodieux. avec Memento Mori (Rappelle toi que tu es mortel en latin), Racines avec Honers ou encore La peur au ventre doté d’un piano, d’une ambiance lourde et où ça rappe !”
Renouant avec la matière première rap par laquelle il respire, il met donc de côté le délire Facteur X…
Appelle-le un Homme à part…
Comme Vin Diesel ! Ol Kainry sait que l’image est importante aujourd’hui. Il a donc aussi choisi de se démarquer au niveau des déclinaisons visuelles de son album.
Et en lisant aussi la plupart des titres de morceaux ainsi que le nom de l’album, n’avez-vous rien remarqué ? Il s’agit en effet de titres de films. Le rappeur toujours adepte de la performance a choisi la plupart des noms de ses morceaux par rapport à des films l’ayant marqué ! Depuis toujours, le rappeur a ainsi été inspiré par le cinéma et les séries pour appuyer ses punchlines.
Cette année, il a même été choisi pour poser le morceau titre de la bande originale du film Les 4 Fantastiques et le Surfer d’Argent. Comme quoi… Il suffit parfois de réfléchir un peu pour trouver des concepts visuels originaux… Avis aux jeunes rappeurs cités plus haut…
Appelle-le Freddy…
Le rappeur se sait attendu avant tout par lui-même : l’homme Freddy, celui aux multiples visages, africain à la maison, français à l’école et Kainry à l’extérieur ! Et tout ce que Freddy a vécu ces deux dernières années, depuis la sortie du duo Ol Kainry/Dany Dan, Ol Kainry l’a parfaitement retranscrit en musique comme une bande originale, par ailleurs plus mûre, concernée…
Comme si au fur et à mesure des années, Freddy avait peur de l’état du monde dans lequel il va laisser sa fille à l’exemple du poignant La peur au ventre où il parle d’un monde qui “tourne mal, où tout va trop vite, mais où vont les gamins ?”
Les visuels de son album ne sont pas si incongrus que cela… Le temps s’assombrit en effet et Ol Kainry rappe toujours pour survivre…
Mais appelle-le surtout Demolition Man…
Laissant désormais les Materazzi sur le bas-côté, sans remords et confiant, il se place donc dans un état d’esprit où il a envie de tout défourailler ! Jusqu’à risquer de “Dead” pour sa passion !
À consommer donc avant destruction.
Vincent Portois
