ROUDA
Musique des lettres
Il aura fallu une bonne dose d'experience scènique, d'envie viscérale, quelques douleurs personnelles, beaucoup de joie et d'amitiés aussi pour murir ce projet discographique hors du commun.
Le slam, a la jonction du rap et de la poésie, est avant tout une experience de scène, un instant d'écoute et de partage. Ce disque fait donc le pari de "fixer" toute la richesse d'un parcours poétique qui cotoie la chanson (Paris Canaille... Paris racaille), les accents du hip hop (Donnez-moi ma chance), le texte pur scandé a capella (Le hurlement du sourd) et les élans du rap.
Avant tout "poète" libre, Rouda brouille les pistes, parle de lui pour mieux parler du monde, ne se veut porteur d'aucun drapeau, d'aucune étiquette et peuple ses textes de figures qui lui sont familières: la 'plume', l'écrit, son réconfort et son urgence, l'contes', le rappeur griot, le 'banc', mobilier béton pour poser son flow au milieu du flot, le 'sourd', qui goutte qu silence interieur et au hurlement muet, 'Paname', Paris Canaille Paris Racaille, le berceau, les béances de l''absence' du père ou de l'ami, L''Afrique' où l'occident s'imprime en négatif, la légèreté lucide, la liberté, la rage, l'amour, la caresse...et toujours le plaisir de dire.
D'un flow tout à la fois distant et viscéral, Rouda scande ses textes avec la foi d'un militant des mots.
Sa musique est aussi riche que le sont ses amitiés et ses envies d'ailleurs.
Souleymane Diamanka et Grand corps Malade viennent chacun le temps d'un duo donner de la voix aux cotés de leur frère de plume/ quand aux membres du collectif 129H (Lyor et Neobled), ils font corps et ames sur le très festif PAris Canaille... Paris Racaille. Réalisé par Yovo M'Boueke et Nicolas Sélambin, rejoint entre autres par cyril atef, prodigieux batteur de -M- et Fixi du groupe Java, "Musique des Lettres" prouve que le 'nouveau son urbain' est à la fois cosmopolite et polymorphe et que le slam est avant tout l'experience unique d'une parole libre.
