Critique d'Album :
Faf Larage - Rap Stories
Après huit ans d’attente, Faf Larage nous offre enfin son deuxième album solo. C’est le frère de Shurik’n membre du groupe Iam, c’est aussi Doc Rhymes ex-membre du défunt groupe Soul, swing n’ radical (il y avait aussi son ami du lycée, Def Bond dans le groupe), c’est aussi celui qui avait participé à la compilation de DJ Kheops (le DJ du groupe Iam) en relâchant un morceau très comique («Le fainéant»), c’est aussi le rappeur qui a signé chez Kif-kif le label de Imhotep membre du groupe Iam et c’est chez Kif-kif qu’il a pu sortir son premier album solo («C’est ma cause») qui nous permettra d’entendre la suite de «Le fainéant» («Le fainéant à la mer»).
«Si dans son premier album, il avait la rage au mic’… dans son deuxième album, il n’a tout simplement pas le temps!». Je me souviens avoir lu ça sur un site Internet européen et ça m’avait fait rire. Par contre, il est vrai qu’on le voit moins agressif sur cet album et c’est la première chose qui m’a sauté aux yeux : Les titres sont moins provocants, moins agressifs, moins enragés. Sur son premier album, c’était «Putain de bouffon», «Assaut lyrical», «Putain de soirée de merde», «J’accuse» et «Mission: Pas d’faux» et sur ce deuxième album, c’est plutôt «Demande pardon», «C’est pas ma faute» ou «Une faveur»… une consolation: «Prise d’otages».
Faf Larage s’était tenu tranquille après son premier album, faisant un nombre incalculable de featuring («Iam», «Doudou masta», «N.A.P.», «Les architekts», «Akhenaton», «Nach»), il y a eu aussi son album avec Shurik’n («La garde») et son album avec Eben («Gomez & Dubois»), un peu plus décevant ce dernier. Il produisait des beats aussi, notamment pour le street-album de Poison («Gangsta RAP»), c’était un beat tranquille très Hip hop («La misère dans le ghetto») et il a aussi fait une brève apparition dans le film «Gomez & Tavares». Très actif mais il ne se faisait pas trop remarquer, jusqu’à ce qu’il soit approché pour faire le générique français d’une série américaine très populaire («Prison break») et il leur pond un son électrisant («Pas le temps»), un single qui est très rapidement devenu disque d’or.
À partir de ce moment-là Faf Larage est propulsé au devant de la scène, le single est devenu clip vidéo et le monde en redemande. Faf Larage annonce son deuxième album et quelques temps après, nous aurons droit à un extrait de l’album qui ne manquera pas de nous rappeler ses anecdotes du fainéant («Le fainéant» et «Le fainéant à la mer»), mais cette fois-ci il s’agira d’une femme très louche («Ta meuf (la caille)»)! Un extrait qui sera beaucoup en demande sur les radios et qui connaîtra son clip vidéo aussi, alors qu’à mon souvenir «C’est ma cause» n’avait connu qu’un seul clip («C’est ma cause»). L’album verra le jour sous cette ambiance, très attendu et très populaire avant même d’être sortit. Faf Larage devra être plus commercial que sur son premier album s’il veut garder sa place au top des différents médias.
Par contre dès le premier morceau de l’album («La soul dans le sang»), il nous annonce son envie de tout faire péter mais la suite du morceau ne sera qu’une présentation de l’artiste pour ceux qui ne le reconnaisseraient pas ou bien qui ne le connaissaient pas, tout simplement, avec des phrases comme: «C’est moi, le mec de «Pas le temps»» ou «Toujours la rage comme en ‘95».
La suite de l’album sera une partie de ses rêves («Millionnaire»), une partie de ses succès qui ont permit que Faf Larage soit de nouveau très en vue («Pas le temps», «Ta meuf (la caille)»), une partie de textes plus réfléchis («Demande pardon», «Prise d’otages») et bien entendu une partie plus funk, plus dansable («C’est de l’or», «On and on»).
Dans son premier album, il avait quatre tracks où il devait partager le beat mais sur ces quatre pistes on y retrouvait neuf artistes (Def Bond, Mr. R, Rockin’ Squat, K.Rhyme le roi, Fonky family, Jacky Brown, Ben-J, Pit Baccardi et Iam). Dans son deuxième album, il n’a qu’un track de moins où il partage le beat mais sur ces trois pistes on n’y retrouve que trois artistes (Taïro, Piero Battery et Cut Killer)… et étonnamment, ni Shurik’n, ni le groupe IAM n’y figurent! Par contre le featuring de Taïro en surprendra plus d’un, un style qui ne manquera pas de rappeler les Antilles et la voix de Taïro en opposition de celle de Faf Larage rendra la piste plus joyeuse et ne manquera pas de rappeler Driver («An nou alé», «Santo Domingo»), un artiste qui figurait sur la mixtape que j’ai produit l’été dernier («Contre toute attente»). Le featuring de Piero Battery ne devrait pas passer sous silence non plus, qui donnera des airs de chorale ou gospel au titre où apparaît («Une faveur»).
Donc un album qui ne devrait pas décevoir ceux qui ont accroché sur le premier album de l’artiste, un album qui devrait en séduire plusieurs, un album qui ne deviendra peut-être pas un classique… du moins, pas plus que «C’est ma cause»! Plus commercial que le premier, moins enragé que le premier mais tout de même un bon album dans la logique des derniers tubes relâchés par Faf Larage dernièrement («Pas le temps», «Ta meuf (la caille)») mais tout de même avec ses quelques morceaux qui ne manqueront pas de nous rappeler des titres du premiers album («Ta meuf (la caille)» - «Le fainéant à la mer», «Le brancheur» - «Putain de soirée de merde»).
Pistes à écouter:
-Ta meuf (la caille)
-C’est de l’or (ft. Taïro)
-Prise d’otages
Romero