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Relapse ! (rechute) - 1ère partie
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25/05/2008
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« Tous attendent ma chute, guettent le faux pas,
Tous rêvent de dire ‘Tu vois il dit ce qu'il ne fait pas ! »
« Tous m'attendent au tournant, avec chacun leurs raisons, un jour j'm'exilerai parmi les hommes de raison »
« C’est un appel à la paix, une opposition à la violence, un cessez-le-feu pour tous les jeunes de France, que les armes soient posées, les esprits reposés, les pulsions maîtrisées et le diable méprisé, j’crois franchement qu’il est temps que l’on hisse le drapeau blanc. » Ces paroles sont extraites de « Cessez-le-feu ». C’était il y a huit ans, sur Si c’était à refaire. Kery était alors le Gandhi du rap français, militant de la non-violence. Maintenant qu’il a "croisé" Black VNR, deux ans après sa rencontre musclée avec MC Jean Gabin, on ne sait plus trop qui il est. Lui-même est un peu perdu. « Je suis en train de tout perdre et de me retrouver à faire des trucs que je combats moi-même. Ca veut dire que tu contrôles plus la situation, et quand tu contrôles plus la situation, c’est le moment de prendre un peu de recul. (Interview sur Street Live) » En 2009, Kery n’est plus Gandhi. Vu du gradin des spectateurs, on pencherait plutôt pour la version haïtienne de Frodon Saquet : un mec en or écrasé par le poids d’une mission. A la différence près qu’il s’est lui-même passé l’anneau au cou.
Guidé par l’islam après la mort de son ami Las Montana en 1999, il s’est petit à petit fait guide lui-même. Son rap a pris l’allure d’un devoir et d’une mission autant que d’une passion. « Au service des nôtres, car c’est le rap des sacrifices », chante-t-il sur « Le retour du rap français » ; « Comme une bougie, je vous ai éclairé, seulement en même temps j'me suis consumé », prétend-t-il encore sur « Lettre à mon public ».
Sans sa prétention et son ego bedonnant, que tente parallèlement de combattre son humilité, Alix Mathurin ne se serait peut-être pas élevé au-dessus du rap français et de la musique française des vingt dernières années. Mais bien sûr, l’arrogance, ça agace. Surtout quand au fil des ans, le guide semble hésiter à la croisée des chemins, marche en avant, en arrière, en crabe et à reculons, sans pour autant arrêter de crier : « Suivez-moi, je suis votre seule chance ! » Malgré ça, certains lui restent fidèles, comme certains sont restés fidèles à Zidane, par admiration pour son talent, par attachement pour l’homme et l’artiste, qui semblent ne faire qu’un. Et puis il y a ceux qui ont eu mal au cœur à force de le suivre dans les virages de sa vie, et ont préféré le laisser partir.
En 2005, Kery balança « J’donne ça ». Une explosion de ressentiments accumulés depuis des années contre le rap français. Un retour rageur dans le Colisée du rap et une libération pour l’égotrip qui lui démangeait les cordes vocales. « J’suis pas prêt de partir maintenant que j’y pense », rugissait-il sur ce titre impressionnant, l’un des meilleurs de sa carrière. A partir de ce moment, le Kery James oublié d’Idéal J pointait déjà le bout de son micro, même si c’est « à partir de A l’ombre du show-business qu’on a trouvé l’équilibre entre Idéal J et Si c’était à refaire », analyse-t-il dans l’interview Rap2France pour la sortie de Réel (Voir l'interview pour Rap2france). Réel est « le prolongement de A l’ombre su show-business, mis à part la forme qui est un peu plus dure et l’engagement contestataire qui est un peu plus marqué », expliquait-il encore.
L’événement de ce disque, c’est bien sûr le prophétique « Lettre à mon public », enregistré le 1er avril 2009, comme le précise Kery James en début de morceau. A son écoute, on a l’étrange sentiment d’écouter une chanson qui annonce un événement violent : « Y'en a trop qui prennent mon honneur pour une serpillière. Je patiente mais ma part d'ombre, en attente, a de quoi les faire taire » ; « Je vis avec la crainte qu'ils me poussent à bout, que je gâche tout sur un seul coup, leurs vies et la mienne, même sur un seul coup. » « Lettre à mon public » dit tout. Sa part d’ombre et de lumière, son souhait de prendre quelques années de réflexion et de recul hors de France, son état quasi dépressif, son indifférence au succès..
Bientôt la 2ème partie...
Chronique rédigée par El Poulano