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"La chevalière"
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13/05/2009
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Non non, ce n'est plus une mixtape, c'est bien l'album cette fois! après plusieurs mixtapes et street albums, Seth gueko sort enfin son premier album et on espère qu'il ne pâtira pas trop d'avoir fait languir son public. En effet, sur le qui-vive à chaque sortie, l'attente s'est tassée et La Chevalière a intérêt à tenir ses promesses pour laisser une trace dans la face du public.
Il l'avait promis, cet album serait plus personnel avec des expériences vécues, des états d'âmes le tout avec la touche Seth Gueko que ses fans apprécient...
Fort de sa signature chez Hostile, cette sortie a été bien préparée. Le but est de dessiner un peu plus le personnage de Seth Gueko. Il montre aussi qu'en dessous de la carapace, il y a bien un homme avec une histoire. Cette histoire est en partie contée sur Couple Impair et son flow agressif accentue l'émotion du morceau quand il évoque ses problèmes d'enfance et les séquelles que lui a laissées son père. Véritable mise à nue, surprenante tant elle est intense “Je n’ai rien d'un fils exemplaire, je suis juste un mec sans père et si j'en ai un que ce texte l'enterre... toi et moi on se reverra en enfer... je te déteste t'entends je te déteste, à cause de toi...j'ai reproduis le même schéma chez moi, en espérant que mon fils chante pas ce morceau contre moi”.
Le rappeur de St Ouen L'Aumône devait prouver qu'il sait raconter une histoire sur Totino la Mafia mais cette tentative échoue sur une morale déjà trop utilisée dans le rap, de plus tout intérêt musical est absent, même si le morceau est mis en relief par l'interprétation de Seth Guex.
Dans un registre plus léger, le rappeur a fait fort avec "Bistouflex" pour mettre en musique ses premiers “émois” sexuels en solitaire, tout en humour, ce morceau a l’audace de traiter un sujet original et rare dans le rap…
Il y a peu de featuring sur cet album, c’est principalement l’équipe Néochrome qui s’y colle sur La Bande à Pierrot, avec en prime Escobar Macson. "Tremblement de Ter Ter" est interprétée par pas moins de 15 Mcs parmi lesquels on retiendra Six Coups MC ou encore Morsay(!!!). Les différents Mc ont sorti leurs plus belles punchlines pour être à la hauteur de leur hôte. "Jeunesse Endiablée" mérite aussi d'être cité, le refrain est merveilleusement interprété par Anis et on retrouve sur chaque couplet la plume aiguisée par la rage de Seth Gueko : « à Noël on décorait pas le conifère, je voyais ma mère sur son rocking chair abrutie aux somnifères, mais en somme je pouvais rien y faire »
On regrette que n'ai trouvé place sur cette album, un morceau patate comme ceux avec lesquels Seth Gueko a fait sa renommée tels Patate de Forain ou Les Fils de Jack Mess. "Ca défouraille" aurait pu avoir vocation à secouer des têtes mais le morceau ne décolle pas suffisemment. Seth Gueko y a fait appel au talent de Balistik Dogg avec lequel il avait déjà partagé le mic sur « Dis leur »
Le véritable bleu que laissera cette chevalière est sa dernière gravure “J'oublierai pas”, une intrusion dans le monde du rappeur, des phases lâchées à tout va, des remerciements parfois inattendus ( et d'autres qu'on attend toujours!!!) et mea culpas.
Aka rassemble tous les bons surnoms qu'il s'est inventé mélangeant sa culture de films français et celle de la rue “Me fait pas chier ou je sors mon Glock François” et démontre une fois de plus son sens de l’imagination et son talent dans l’écriture.
Côté productions, le rappeur a élargi ses horizons et a confié plusieurs prod à Medeline et End 2 End, qui ont déjà plus que fait leurs preuves dans le rap français. On retrouve toujours biensûr des prods de l'équipe French Kick, Tony Danza sur El Poolverdino et Zékwé Ramos sur La Bande à Pierrot.
Le bilan de la Chevalière va tomber, un bon bleu sur le pif, et on reste persuadés du potentiel « rapistic » de Seth Gueko mais l’attente a peut-être été trop longue et le souffle est retombé, il reste néanmoins quelques bons morceaux. Le design de l'album est soigné avec des photos de ses différentes « familles » et contribue à la présentation plus en profondeur du rappeur. Les bonnes punchline sont au rendez-vous, que les amateurs se rassurent, Nicolas Mesrine ne faillit pas à sa réputation “J'ai pas de bécane mais j'ai un pet au casque” et met à l’œuvre sa facilité indéniable à jouer et à jongler avec les mots tout au long de l'album.
Chronique rédigée par Vanessa