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"Miséricorde"
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25 Oct 2008
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Il aura fallu patienter un long moment ( 4 ans depuis "Avoir la vie devant soi" ) pour entendre de nouveau la voix de Wallen. A l'exception de quelques featuring ( dont l'excellent La vie des pauvres sur le « Rois sans couronne » de Nessbeal ), la porte parole du hip-hop rnb féminin en France s'était faite assez discrète. Sans doute pour se concentrer pleinement sur ce 3ème opus, qu'elle aura conçu de bout en bout, et produit. Une première. Le mixage est signé MS LAGO ( Usher, Nelly Furtado...)
Depuis le début Wallen c'est ce mélange entre la femme, l'épouse, la mère,l'artiste, la fille de cité. C'est sans doute ce qui fait son succès. Curieusement ce 3ème album ressemble à un premier, avec tout ce que cela comporte de bien et de moins bien. Certains titres ( la majorité) sont excellents, pour d'autres on passe à côté. Sans doute est-ce du à un surplus de sons, qui malheureusement se ressemblent un peu trop souvent sur plusieurs titres (Yamahagonie, Leur arrogance, Apprendre à espérer ), ou à une réalisation trop brouillon..et on perd la voix de Wallen.
Concernant les textes, aucun bémol, et une mention spéciale pour Dans le vent et Entre les blocs de ciment. Deux registres différents mais une seule et même plume. Le premier est poétique, évoque le temps qui passe, la famille, l'amour... Il est l'une des perles de l'album « C'est le vent qui m'étreint , que l'on craint, au moins lui ne nous ment pas (...) O Malaga te souviens-tu de ma famille, nous étions des milliers à voyager vers toi, Papa tu es là, Mon coeur pauvre fou, chante autre chose ».Texte, musique et voix, Tout y est. Idem pour Entre les blocs de ciment, où Wallen montre que ce qui a fait d'elle ce qu'elle est aujourd'hui ne se trouve pas dans les paillettes du show-biz.
Une très bonne surprise de l'album, les 2 interludes (Fille de berger et Madagh). On ne serait pas fâchés de les voir se développer plus largement dans un prochain inédit. Quant à Miséricorde, c'est un morceau cohérent pour la conclusion (et en outre un très bon titre d'album), Wallen y évoque de nombreux thèmes qui lui sont chers dans un texte introspectif, posé et réfléchi.
Comme toujours avec Wallen, des featurings. 3 cette fois-ci. Dites au désespoir feat Matteo Falkon. Un titre bien ficelé qu'on pourrait envisager en sortie single. Autre feat « classique » Ciao Pantin, avec Abd Al Malik évidemment, « Ciao Pantin, j'ai coupé les ficelles qui me retiennent à ce que je ne veux pas, Je me libère des liens qui m'ont fait joué un rôle qui n'était pas le mien ». Le featuring le plus étonnant est sans conteste Répare-moi avec la chanteuse australienne Micky Green ( interprète de Oh ). Les deux voix se mêlent très bien, et le texte est à la hauteur « Je me suis perdue, quelque part entre l'orgueil et la douleur, Trouver le salut dans l'oubli ou le souvenir de ma grandeur, Mon amour, mon sublime, fais moi oublier tout ce qui m'abîme ». Aucun doute la plume est celle de Wallen. A noter aussi Kilodrame, un beau texte et un rythme lancinant qui n'est pas sans rappeler Saigne d'Abd Al Malik.
Le single Business peut par contre en dérouter plus d'un. Les fans de la première heure s'interrogeront sans doute sur une éventuelle réorientation musicale de l'artiste. Il est vrai que « Miséricorde » est difficilement comparable aux deux précédents albums, mais malgré tout cela reste du Wallen, autrement dit une voix et une écriture uniques. Dis le en est la preuve la plus parfaite. Indiscutablement il s'agit d'un des meilleurs titres de l'album, si ce n'est le plus beau : « Dis le sans attendre, sans faveur ni passion, je ferai mine de ne pas y prêter d'attention, Dis le sans attendre, j'en ai tellement besoin, Mon amour c'est si clair je n'vais pas bien ». A écouter et à réécouter inlassablement.
Pour conclure, ( paradoxalement) le premier titre de l'album : Seine Saint Denis. Difficile de ne pas citer le texte dans son intégralité, c'est l'un des meilleurs de Wallen. Il n'y a que ses mots et sa voix, sans artifices. «Comme un salaud d' cowboy, le destin sans remords, posait la main sur son colt, J'avais l'âme d'un indien , j' n' allais laisser personne, sans rien faire ni dire, me voler l' Amérique. Papa pensait au bled, rêvait de champs semés et de bonnes récoltes. A la gloire de mon père, moi qui n' pouvait rien faire, je lui lisais Pagnol ». On l'imagine en live... On a envie d'y être...
Chronique rédigée par Céline