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| LE RAP, DES ANNEES 80’ A AUJOURD’HUI En Amérique, c’est en 1982 que le rap dénonce et témoigne des réels problèmes rencontrés dans les ghettos avec le célèbre texte « The Message » de Grandmaster Flash, un des pionniers du rap. Il crie sa fureur avec son fameux « Wake up, Niggers ! » afin de mobiliser et réveiller les foules. Le texte « The Message » décrit la situation vécue dans le ghetto ; « Errance et saleté, femmes perdues et toute puissance du protecteur, seule issue pour survivre : …il lui faut un mac elle peut pas s’en sortir toute seule ». « Le jeune noir ne se reconnaît plus dans l’Amérique télévisuelle…(Dallas)…le jeune héros du Message ne voit plus d’avenir dans l’école trop chère, pas rentable. …Il rêve de devenir maquereau, et plus encore de rouler dans une grosse voiture ». Le texte parle également du destin scellé des enfants issus du ghetto, de la prison, du viol homosexuel et de la pendaison en prison. On y discerne aussi un message moralisateur ; il prévient les jeunes du ghetto de ce qui les attend, s’ils continuent dans la mauvaise voie : la prison. Après cette chanson, d’autres vont se succéder, avec des thèmes identiques comme « l’adolescence perdue et condamnée », « les rapports avec la police », « la ville vue comme une jungle », « l’appel à la révolte, à la prise de conscience », …. Malgré ce témoignage de désolation et cette vision négative du ghetto, le rappeur est fier et assume ses origines. Le rap français a « su se forger une personnalité littéraire et musicale » en lien direct avec les réalités sociales « mettant en scène un vécu propre… ainsi que certains modes d’expressions populaires issus du territoire » . Ainsi, dans l’univers « la planète Mars », le groupe IAM, nous montre la réalité urbaine et culturelle de la région de Marseille. Ces rappeurs s’inspirent de « l’imagerie guerrière » et voient le rap comme une arme contre les discours politiques. Ils « lèvent » ainsi une « armée » contre le front national qui prône des valeurs « passéistes ». Le but est surtout d’inciter les gens à une plus grande prise de conscience. Le rap délivre un message à un public et informe de faits sociaux. Les thèmes de la drogue et du sida sont beaucoup plus présents qu’en Amérique et l’image de la femme reste « sexuelle » plutôt qu’« amoureuse » ; celle-ci est souvent vue comme une trompeuse et comme faisant partie de l’autre camp. D’autres contenus idéologiques sont récurrents dans les textes, comme le « racisme, l’injustice sociale, la violence, les abus de la police ou la déchéance morale ». La violence verbale que présentent parfois les textes de rap ferait écho à la véritable violence dans laquelle vivent les auteurs de ces textes. Ainsi, lorsqu’on leur reproche leurs propos acerbes qui parfois incitent les auditeurs à la violence, les rappeurs expliquent qu’ils « trouvent la source de leur inspiration dans le modèle d’une réalité qu’ils n’ont personnellement ni inventée, ni même choisie ». Certains thèmes récurrents comme celui de l’égalité des droits et de l’insertion sociale sont prônés dans les textes de rap. H. Bazin explique que les jeunes seraient partagés entre deux revendications, celle de l’intégration sociale d’un côté et celle de la conservation de leur spécificité culturelle de l’autre, « comme s’il n’était pas possible d’assumer de front des identités culturelles et une participation à la société globale ». On confond souvent intégration et assimilation culturelle ; la culture hip-hop serait, en France, une manière adoptée par les jeunes immigrés pour résister ou se défendre des valeurs culturelles de la société française. Le rap témoigne ainsi d’une vision de la société basée sur des réalités vécues, telles que la pauvreté, la violence et la dureté de la vie dans les quartiers, une vision nourrie par un sentiment d’injustice qu’ils expriment dans leurs textes. « Le comportement des individus serait l’expression de ce vécu, l’émeute son expression exacerbée, le rap sa forme canalisée ». Ch. BETHUNE, (1999), « Le rap, une esthétique hors la loi », Corlet, Autrement, p. 182-183-184 G. LAPASSADE et Ph. ROUSSELOT, (1996), « Le rap ou la fureur de dire, essai », Paris, Loris Talmart, p.13 H. BAZIN, (1997), « La culture hip-hop », Lonrai, Desclée de Brouwer, p. 214 G. LAPASSADE et Ph. ROUSSELOT, (1996), « Le rap ou la fureur de dire, essai », Paris, Loris Talmart, p. 37-38 Ibidem, p. 38 Ibidem, p. 39 -40 Ibidem, p. 32, 33, 40 Ch. BETHUNE, (1999), « Le rap, une esthétique hors la loi », Corlet, Autrement, p. 8 Ibidem H. BAZIN, (1997), « La culture hip-hop », Lonrai, Desclée de Brouwer, p. 224 G. LAPASSADE et Ph. ROUSSELOT, (1996), « Le rap ou la fureur de dire, essai », Paris, Loris Talmart, p. 94 LAPIOWER, (1997), « La génération Hip-Hop en Belgique », Bruxelles, EVO, p. 5
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