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| LE RAP, DES ANNEES 80’ A AUJOURD’HUI En Belgique, un des premiers groupes médiatisés fut Benny B. qui venait de la commune de Molenbeek et écrivait entre autre : « Mon nom à moi c’est Benny B,… comme toi je veux la justice, j’essaie de défendre mes droits… Je descends des quartiers soi-disant mal fréquentés…Où la P.J. y passe les trois-quarts de la journée… Moi j’en ai marre de cette vie-là, et pour sortir de cette impasse, je ferai n’importe quoi! ... Tous ces jeunes qui errent, qui restent là à ne rien faire, moi je crie colère…Car tous ces farceurs ne savent pas qu’il reste encore une chance… ». Les mêmes thèmes qu’en France sont présents ; injustice, quartiers défavorisés, avenir incertain, des revendications témoignant de la vie difficile pour les jeunes des quartiers. Aujourd’hui l’un des groupes phares connu en Belgique, mais aussi en France, est Starflam. Toutefois, en effectuant quelques recherches et en interrogeant de jeunes belges passionnés de rap, nous avons compris que certains groupes étaient connus, non pas, par médiatisation, mais par d’autres moyens de communication comme le bouche à oreille, les magasins spécialisés,…. C’est le cas de groupes de rap moins médiatisés et peu connus du grand public, qu’on appelle rap underground (souterrain). Ces groupes sont parfois plus hardcore dans leurs paroles comme CNN 199, Pitcho, La Résistance ou Ultimate team. ENTRETIEN AVEC LE GROUPE BELGE « LA RESISTANCE » Nous avons pu nous entretenir avec le groupe belge « La Résistance », Khalid alias Kazrobio dans le groupe, Abdel alias Stito et Farid alias Rifino, nous ont reçu pour parler d’eux, du rap et de leurs textes. Ils ont commencé en 1998, en faisant des concerts à gauche à droite dans les maisons de quartier ; « Les jeunes nous écoutaient parce qu’il y avait des petites phrases qui étaient bien construites, c’était pas de la violence gratuite, pas de la haine gratuite, il y avait du travail d’écriture derrière ». Petit à petit, ils ont réussi à faire les avant-premières des concerts de groupes de rap connus tels que Val de Neg, Ideal J, Booba et Intouchable. Le rap est le seul moyen d’expression qu’ont trouvé certains jeunes pour raconter la vie de tous les jours, « la misère quotidienne », mais aussi exprimer ce qui ne peut pas se dire devant un juge ou un policier. Les membres du groupe nous expliquent que les moyens d’expression mis à leur disposition sont peu nombreux, le rap en est un pour eux. Le rap est un art, « l’art des jeunes de la rue ». « C’est la musique des déshérités, de ceux qui n’ont pas la parole ». Ils nous expliquent qu’il y a plusieurs types de rap ; du rap commercial, du rap « engagé », même du rap « lover ». Ils font du rap engagé, c’est-à-dire qu’ils disent ce qu’ils pensent, sans pratiquer la langue de bois même si cela peut choquer certaines personnes. «On est un peu contre le système », et ils n’hésitent pas à le dire avec leurs mots. Cependant « choquer » reste un effet recherché, nous dit l’un des membres du groupe car sinon le message ne passe pas. Tous écrivent, puis ensemble retravaillent les morceaux. L’écriture n’est pas facile, « il y a les rimes, les terminaisons, le sens, il faut que ça coule ». Pour arriver à cela, « tu commences à te cultiver » ; regarder des films, des émissions, suivre le journal, lire du Rimbaud, …. Ils écrivent sur tout, tout ce qui les inspire dans la vie quotidienne ; cela peut venir d’un flash, d’une certaine ambiance, d’une nouvelle histoire racontée ou de l’actualité. Ils se considèrent comme des journalistes, des reporters des quartiers « défavorisés », ils ne sont pas là pour régler les problèmes de la société, mais pour les dénoncer. Toutefois, leurs textes parlent aussi de sujets positifs, comme les amis, la famille, leurs rêves ou leurs espoirs. L’un d’eux précise : « c’est ce qui nous fait avancer ». Au sujet des messages que les rappeurs font passer à leur public à travers leurs textes, ils précisent que rien n’est appris aux jeunes, « le jeune, il naît déjà dans la violence, il est dans le quartier, il entend tout, il voit tout… il connaît la réalité, le rap ne lui apprend rien». Au contraire, leur public est fier qu’ils réussissent, car ils seront entendus à travers leurs paroles. Ainsi, les gens s’intéresseront à eux et se rendront compte des vrais problèmes qu’ils rencontrent tous les jours. LAPIOWER, (1997), « La génération Hip-Hop en Belgique », Bruxelles, EVO, p.7 . cf. annexe 1 ; retranscription de l’entretien
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