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CHAPITRE 3 :
METHODOLOGIE.


V. ANALYSE DES DONNEES


1) SPECIFICITE D’UNE ETUDE SUR LES REPRESENTATIONS SOCIALES
Notre base théorique est le concept des représentations sociales. D. Jodelet explique dans son livre qu’il existe deux manières pour un chercheur d’étudier les représentations sociales d’un objet :

- La première est de traiter le contenu des représentations sociales comme un champ structuré ; « On dégage les constituants des représentations (informations, images, croyances, valeurs, opinions, éléments culturels, idéologiques, etc.). Cette analyse dimensionnelle est complétée par la recherche du principe de cohérence structurant les champs de représentation : organisateurs socioculturels, attitudes, modèles normatifs ou encore schèmes cognitifs. » .

- La deuxième manière serait la suivante : « Dégager les structures élémentaires autour desquelles se cristallisent les systèmes de représentation. »
Il s’agit ici de repérerles éléments centraux et périphériques de l’objet des représentations que l’on étudie afin de pouvoir repérer leur rôle dans le maintien ou le changement de la représentation sociale (cf. partie théorique : chapitre sur la structure des représentations sociales).

2) LA DEMARCHE D’ANALYSE
Comme nous l’avons expliqué, notre analyse se fera à partir de sources documentaires. Ces sources sont constituées de lyrics, composées indépendamment de la recherche ; elles ne découlent pas d’une théorie. De ce fait, notre démarche d’analyse devra correspondre à cette spécificité.

Plusieurs méthodes ou théories partant de données concrètes (étude de cas, expérimentation,…) ont été étudiées et explicitées, le but étant de partir de cas concrets pour aboutir à une théorie abstraite. Nous traiterons ici de deux d’entre elles : la méthode de l’induction analytique et la théorisation ancrée.
2.1 La démarche de l’induction analytique
Cette démarche part de l’expérience de terrain afin de générer une connaissance, contrairement à la perspective hypothetico-déductive qui cherche à vérifier une théorie en partant d’hypothèses. Dans la logique inductivo-analytique, le corpus empirique n’est pas sélectionné dans un but de représentativité mais est plutôt choisi pour sa diversification ; la diversification est réalisée en fonction de « variables stratégiques en ce sens qu’elles jouent un rôle dans le champ du problème étudié » . L’induction analytique s’oppose à la démarche déductive qui a tendance à ne pas tenir compte des cas exceptionnels qui peuvent contredire les résultats de la recherche. L’induction analytique, pour Znaniecki, «fournit une connaissance véritable et approfondie de la situation à l’étude » , elle est non expérimentale. Elle consiste à partir du concret pour aller vers l’abstrait par une étude exhaustive de cas, pour que, finalement les résultats de l’étude s’appliquent aux différents cas étudiés. J-P Deslauriers explique que l’induction analytique est « un mode de collecte et d’analyse de données qui a pour but de mettre à jour les éléments fondamentaux d’un phénomène et d’en déduire, si possible, une explication universelle».


La démarche de l’induction analytique a donc pour but de construire une théorie et ce, par un processus évolutif (différentes étapes de la démarche) et circulaire (retour aux étapes précédentes).
2.2 La méthode de la théorisation ancrée
Tout comme dans la démarche de l’induction analytique, la théorisation ancrée part de l’observation de la réalité pour comprendre un phénomène et construire une théorie. « les concepts et hypothèses étant construits et vérifiés au fur et à mesure de la progression de la recherche sur le terrain ».

Cependant, contrairement à l’induction analytique, la théorisation ancrée cherche davantage à découvrir et à comprendre les dimensions d’un concept plutôt qu’à produire une théorie relative aux conditions nécessaires et suffisantes d’un phénomène. La théorisation ancrée est une méthode de comparaison continue où la collecte des données, non exhaustive, ne permet pas la vérification stricte de l’hypothèse. La méthode comparative cherche à montrer ce qui est semblable mais aussi différent parmi les données recueillies.

Cette démarche vise non seulement en la description minutieuse d’un phénomène, mais elle recherche aussi la pertinence des concepts utilisés dans l’analyse des données. La codification est au début de la recherche ouverte et exhaustive, mais, au fur et à mesure de la confrontation des données, elle devient sélective et les premiers concepts sont corrigés ou mis de côté dans le but d’une adéquation à l’ensemble des données. Il y a saturation lorsque qu’il n’y a plus de reformulation des concepts et de catégories.

L’échantillonnage théorique dans la théorisation ancrée se fait en fonction des catégories conceptuelles élaborées, la représentativité n’est pas recherchée. Il se construit au fur et à mesure de l’analyse, « l’échantillonnage devant assurer cohérence, variation, précision et exhaustivité à la théorie ». La variation de l’échantillonnage est importante ; « en minimisant et en maximisant tour à tour les différences entre groupes et situations étudiés, afin d’assurer le plus de précision et de densité possible aux catégories émergentes ».

La démarche de l’échantillonnage se fait en plusieurs étapes ; il est d’abord « systématique » et « fortuit ». C’est un échantillonnage ouvert, pour un éventail de catégories analytiques. Ensuite il devient « ciblé » et « délibéré » dans le but de vérifier les éléments de la théorie. Pour finir l’échantillonnage devient « sélectif » et même « discriminant » en lien direct avec notre étude. « Ce qui importe c’est que l’échantillonnage ait systématiquement répondu aux questions théoriques posées par l’analyse »

2.3 Notre démarche
Notre analyse s’effectuera à partir de textes de rap sélectionnés en rapport avec notre objet d’étude, la démarche d’analyse choisie sera celle de l’induction analytique. Nous nous référerons aux différentes étapes de la démarche (Cf. ci-dessus) pour construire notre analyse. Cependant, ce mémoire est un travail de fin d’études ; il ne vise pas à générer une théorie et encore moins à rechercher son universalité (aujourd’hui controversée par de nombreux chercheurs) ; nous nous servirons plutôt de cette démarche comme d’un exercice pratique.

Reprenons les différentes étapes de la démarche pour expliquer celle qui sera la nôtre :

1) Description détaillée de la situation ou du phénomène étudié Cela a été fait dans les deux premiers chapitres sur le rap et les représentations sociales.

2) Formulation d’une hypothèse provisoire expliquant le phénomène
L’hypothèse propose une possible réponse à la question de départ. « Elle tend à formuler une relation entre des faits significatifs. … elle aide à sélectionner les faits observés. …, elle permet de les interpréter, de leur donner une signification qui, vérifiée, constituera un élément possible de début de théorie » .
En partant de notre question de départ : « Comment les jeunes auteurs de rap perçoivent la société, dans laquelle ils vivent ? » et sachant que nous avons ciblé la société en trois instance de la société (la politique, la justice et la police), nous avons émis cette hypothèse provisoire : « Les représentations qu’ont les jeunes rappeurs sur la société ont un lien avec la manière dont ils se sentent perçus par cette même société ».


3) Confrontation de chaque cas à l’hypothèse provisoire
C’est ce que nous ferons dans le chapitre suivant sur l’analyse des données

4) Si l’hypothèse ne correspond pas aux faits (retour au deux premières étapes)
5) Le chercheur atteint une certitude probable après avoir étudié quelques cas. La découverte d’un cas négatif (qui remet en cause l’hypothèse) exige le retour aux premières étapes.
Pour ces deux étapes, le but de notre mémoire est de rechercher si notre hypothèse provisoire peut être vérifiée par rapport à notre sélection de textes. Il sera également fait une recherche spécifique des textes qui pourraient être présentés comme des cas négatifs.
A la fin du mémoire deux possibilités se présenteront :
- L’hypothèse s’est vérifiée pour les cas où les textes ont été analysés ; ce n’est pas pour autant que nous prétendrons générer une théorie universelle : une vérification plus exhaustive avec d’autres textes pourra être l’objet d’un autre mémoire.
- L’hypothèse provisoire ne s’est pas vérifiée ou nous avons trouvé un ou plusieurs cas négatif ; nous expliquerons ce que notre analyse nous a démontré et tenterons alors de reformuler notre hypothèse.


6) Le chercheur reprend les trois premières étapes jusqu’à ce qu’il en déduise une explication universelle (généralisation)

7) Examen à l’aide de cas en dehors du champ circonscrit, pour voir si l’explication finale ne s’applique pas à d’autres cas.

Ces deux dernières étapes ne seront pas appliquées dans notre mémoire ;
- d’une part, l’explication « universelle » et « finie » a été remise en question ; elle dépend d’une contexte temporel et social particulier. Il serait difficile et prétentieux de généraliser notre explication.
- D’autre part, notre travail n’est pas vraiment une étude approfondie, mais, plutôt un exercice de fin d’études, vu la limite de temps (quelques mois).



D. JODELET, (2003), « Les représentations sociales », Vendôme, Sociologie d’Aujourd’hui, PUF, p. 72
IBIDEM, p. 72
IBIDEM, p. 46
J-P. DESLAURIERS, « L’induction analytique », p. 294
Ibidem, p. 296
A. LAPERRIERE, « La théorisation ancrée (grounded theory) : démarche analytique et comparaison avec d’autres approches apparentées », p. 311
Ibidem, p. 322
Ibidem, p. 322v Ibidem, p. 326v Ibidem, p. 360- 361

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TABLE DES MATIERES
  • INTRODUCTION GENERALE
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  • CHAPITRE 1 : Le rap des années 80 à aujourd'hui
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  • I. Introduction
  • II. Qu'est-ce-que le rap ?
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  • III. La culture Hip-Hop
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  • IV. Le rap americain
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  • V. Le rap français
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  • VI. Themes et messages dans le rap
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  • VII. Le rap, la censure et la politique
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  • VIII. Le rap et les médias
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  • IX. En Belgique
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    - Entretien avec le groupe belge « La Résistance »
  • X. Conclusion
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  • CHAPITRE 2 : Problematisation ;Le concept des représentation sociales
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  • I. Introduction
  • II. Auteurs
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    1) durkheim
    2) freud
    3) moscovici
  • III. Differents aspects des représentations sociales
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    1) Une forme de connaissance particulière
    2) le rôle du langage, de la communication et de l’interprétation
    3) les representations sociales et le groupe d’individus
    4) entre la psychologie et la sociologie
  • IV. Structure, fonction et dynamique des representations sociales
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    1) structure des representations sociales
    2) dynamique des représentations sociales
    3) fonctions des representations sociales
  • V. Conclusion
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  • CHAPITRE 3 : Methodologie
  • Clique ICI
  • I. Introduction
  • II. Sujet de mémoire
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  • III. Corpus empirique
  • Clique ICI
    - L’entretien exploratoire
  • IV. Collecte des données
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    1) Les sources documentaires
    2) la sélection des données
    3) Catégorisations de l’objet d’étude
  • V. Analyse des données
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    1) spécificité d’une étude sur les representations sociales
    2) la demarche d’analyse
  • VI Conclusion
  • CHAPITRE 4 : L'analyse des données
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  • I. Introduction
  • II. Modelisation primaire des données
  • Clique ICI
    - Discussion : Texte 1 : Assassin – L’Etat assassine
    - Discussion : Texte 2 : Assassin – L’Etat policier
    -Discussion : Texte 3 : Sniper – La France Clique ICI
    -Discussion : Texte 4 : Sniper – Pris pour cible
    -Discussion : Texte 5 : Fabe – On m’a ditClique ICI
    -Discussion : Texte 6 : Fabe – Evidence
    -Discussion : Texte 7 : La Rumeur – Le silence de ma rueClique ICI
    -Discussion : Texte 8 : Psy 4 de la rime – Justicier
    -Discussion : Texte 9 : Kerry James – Je revendique Clique ICI
    -Discussion : Texte 10 : Starflam – Ce plat pays
    -Discussion : Texte 11 : Pitcho – La routine Clique ICI
  • III. Modélisation secondaire des données
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    -Discussion : Textes 1 et 2 : Assassin : « l’Etat assassine » et « l’Etat policier »Clique ICI
    -Discussion : Textes 3 et 4 : Sniper : « la France » et « Pris pour cible »
    -Discussion : Texte 5 et 6 : Fabe : « On m’a dit » et « Evidence »Clique ICI
    -Discussion : Texte 7 : La rumeur : « Le silence de ma rue »
    -Discussion : Texte 8 : Psy 4 de la rime : « Justicier »Clique ICI
    -Discussion : Texte 9 : Kerry James : « je revendique »
    -Discussion : Texte 10 : Starflam : « Ce plat pays »Clique ICI
    -Discussion : Texte 11 : Pitcho : « La routine »
  • IV Conclusion
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  • CHAPITRE 5 : ANALYSE TRANSVERSALE
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  • I. Analyse transversale des modelisations
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  • III. Qu'en est-il de notre hypothese
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  • CONCLUSION GENERALE
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  • BIBLIOGRAPHIE
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