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| Ce mémoire avait pour objectif de mettre en évidence les représentations sociales qu’ont les rappeurs de notre société. Nous avons pu observer qu’ils parlaient de « système » plutôt que de « société ». Le rap est une forme de poésie urbaine qui existe depuis une vingtaine d’années. Aujourd’hui, le rap s’est mondialisé et commercialisé, nous pouvons trouver différents styles de rap. L’intérêt de ce mémoire était porté sur le rap revendicateur, dénonciateur ou « engagé », qui témoigne des problèmes rencontrés par certains jeunes provenant de quartiers dits défavorisés. Nous avons appris que les représentations sociales désignent une forme de connaissance qui est socialement construite et partagée par les membres d’un même groupe. Cette connaissance provient du sens commun. Les représentations sont une forme de pensée sociale qui joue un rôle dans les rapports sociaux et qui oriente les comportements adoptés par un individu. Elle ne sont pas figées dans le temps, elles se transforment avec l’évolution de ce qui l’entoure. Les textes de rap « revendicateurs » témoignent des représentations qu’ont leurs auteurs à propos de différents sujets sociaux. Ils exposent ainsi une manière de voir les politiques, la justice, la police, l’école ou les médias, et témoignent aussi d’un mal être vécu dans des conditions de vie non choisies avec le sentiment d’un avenir plus qu’incertain. Ces représentations jouent un rôle dans les rapports qu’entretiennent les jeunes issus de ces quartiers avec les représentants de l’état et orientent certains comportements. Ainsi, nous pouvons nous interroger sur les comportements délinquants de certains jeunes des banlieues, qui, par exemple, brûlent des voitures, et le lien que l’ont pourrait faire avec les représentations mises en avant dans nos textes. Nous avions émis l’hypothèse que les représentations sociales des rappeurs de la société étaient liées à la manière dont ils se sentaient perçus par celle-ci. Nous pensions que ce qui pouvait peut-être expliquer cette vision négative du système en général, était dû à un sentiment d’être mal vu par les personnes intégrées au système. « Puisque tu me vois mal, je te vois mal ». Après avoir analysé notre sélection de textes, nous nous sommes rendus compte que l’explication était assez simpliste et, qu’en réalité, les rappeurs témoignaient d’un ensemble de facteurs qui entraient en compte dans leurs représentations « négatives » du système. Le fait d’être mal perçu était une explication parmi tant d’autres ; inégalités ressenties dans les parcours scolaires, dans les lois, les jugements ou les actions policières, les conditions de vie…. C’est pourquoi notre hypothèse a été reformulée de cette manière : « les représentations sociales qu’ont les jeunes rappeurs de la politique, de la justice et de la police sont liées aux expériences observées et vécues avec ces trois instances et aux conditions générales d’existence dues à leur milieu de vie ». Les banlieues et le rap furent en pleine actualité, au moment de l’écriture de ce mémoire. Des émeutes ont éclaté suite à la mort suspecte de deux jeunes, le problème des banlieues, qui ne date pas d’hier, est revenu sur la table politique. Destructions des logements insalubres, possibilité dès 14 ans d’être orienté vers une formation professionnelle et rétablissements des subsides aux associations de terrain sont quelques solutions proposées par le gouvernement. Nous ne débattrons pas de ces propositions qui ont été faites dans l’urgence mais nous espérons vraiment que le problème sera étudié plus en profondeur et que des solutions seront proposées pour un réel changement à long terme. Les médias ont expliqué durant cette crise des banlieues que les textes des rappeurs prévoyaient depuis longtemps ce qui s’est produit. Il serait peut-être intéressant, avant de prendre des décisions politiques de chercher à comprendre l’avis des personnes concernées par le sujet, leur donner la parole, leur montrer une écoute, avec un véritable désir de changement pour eux et non contre eux. Les rappeurs expriment ce manque d’attention dans leurs textes, ce manque d’écoute qui est parfois la raison d’écrire et de « rapper ». Après cette étude faite sur les représentations des rappeurs, il est clair pour nous que l’avenir des jeunes de banlieue doit être au centre des débats pour que les violences urbaines ne se reproduisent plus. Comme ils l’expliquent, ils risquent tout parce qu’ils n’ont rien à perdre. Il faudrait également remettre en question la place qu’occupent ces jeunes dans le système, quelle valeur leur donne-t-on réellement, ne serait-ce que la valeur donnée à leur témoignage. Suite à cette crise des banlieues, des politiciens ont porté plainte contre certains rappeurs en expliquant que leurs paroles appelaient à la violence et pouvaient influencer le comportement de certains jeunes. Les textes sont parfois très violents et peuvent être compris comme un appel à l’acte. Entre style musical, effets recherchés de choquer, ou témoignage d’une violence déjà existante, les rappeurs devraient prendre « conscience du poids des mots » utilisés comme le dit Kerry James. Ils sont en effet les mieux placés pour connaître la situation des jeunes des banlieues et leur instabilité sociale ; la rue est facilement influençable. Le rap est un style musical qui se particularise par ses revendications politiques et cette manière de dénoncer un système social qui met de côté une couche de la population qui ne se sent pas représentée politiquement. Le rap est assez jeune, les premiers rappeurs comme ceux du groupe NTM, qui ont été censuré à l’époque, ont grandi et donnent l’impression de s’être assagis. Ils ont créé un collectif, avec de nombreux artistes, sportifs ou personnes connues, tous issus des banlieues, qui appellent les jeunes à s’inscrire dans les listes électorales et voter pour faire entendre leurs voix. Les revendications continuent mais elles s’expriment autrement, la rébellion et la violence exprimées lors de l’adolescence ont fait place à des discours posés d’adultes responsables.
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