Il s'rêve debout et, et ça lui va pas bien Parce que, parce que sans geste ni parole il t'reste rien Rien qu'un coeur et je peux te dire qu'avec cet oeil des fois, des fois on voit rien de bien Y'a des moments comme ça dans la vie où, où c'est tout ou bien rien Il s'rêve debout et, et ces derniers temps c'est moins tout que rien Et puis, il n'a ni geste ni parole, il lui reste rien Rien qu'un coeur pour voir qu'hors d'l'amour et bah, et bah y'a rien Et «ça va?», il aurait répondu «bien» Même si ça va plus mal, que bien
Il s'rêve debout et, et à y voir d'plus près c'est triste dans sa condition Mais, mais vous à sa place, vous chanteriez quoi comme chanson parce que ça change tout, d'être obligé de vivre à condition A condition qu'les autres ils s'trompent pas lorsque, lorsqu'ils interprètent votre partition Il s'rêve debout et, et c'est sans condition Sans condition qu'il s'lève, assis ou allongé, la même chanson C'est évident qu'il pourra jamais danser comme ces cons Comme ces types, qu'il dénigrait avant et qu'ils le négligent, pour d'autres raisons
Il s'rêve debout pour vivre en mourant Pour survivre dans un monde, où les morts se prennent pour des vivants Fonctionnaire d'une existence qui, qu'ils vivent bêtement Parce que, parce qu'ils ont peur, parce qu'ils ont peur d'chaque instant Il s'rêve debout et, et la voilà en blanc Sourire réflèxe et, et gestes indifférents «Bonjour», dit-elle en entrant «Bonjour», dit-il en pensant
Il s'rêve debout comme, comme ceux qu'apprécient l'instant Comme ceux qui savent que, que d'toute façon tout ça ça dure qu'un temps Il s'rêve debout, quand elle lui parle il l'écoute Faut dire qu'il l'était, debout, avant le drame sur la route Elle l'entoure de ses bras et, et le fais s'assoir Il lui reste rien, il lui reste ni geste ni parole mais, mais il peut voir Il s'rêve debout lorsque, lorsque sur son fauteuil elle le pousse «Dîtes donc, ça a l'air d'aller aujourd'hui», crie-t-elle, «On va vous faire une, une bonne douche»
Texte ajouté par "Quentin".
|