Fin de garde à vue pour Gims. Le rappeur congolais de 39 ans, de son vrai nom Gandhi Djuna, interpellé le mercredi 25 mars à sa descente d’avion à l’aéroport de Roissy, a été mis en examen ce vendredi pour blanchiment aggravé et blanchiment en bande organisée. À l’issue de sa garde à vue de 48 heures, l’artiste a été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d’entrer en contact avec certaines personnes désignées par les juges d’instruction, obligation de verser une caution et d’informer le magistrat de ses déplacements.
Gims est soupçonné d’avoir participé à une gigantesque entreprise de blanchiment d’argent liée à un complexe hôtelier de luxe basé au Maroc, le Sunset Village Private Residences. Ce projet résidentiel, dont l’artiste faisait lui-même la promotion sur ses réseaux sociaux, se compose de 118 villas ultra-luxueuses vendues sur plan, susceptibles de générer un chiffre d’affaires estimé à 100 millions d’euros. Depuis plusieurs mois, les douaniers enquêtent sur l’origine des fonds liés à ces constructions dont l’artiste est devenu l’ambassadeur.
Au cœur des soupçons, l’entreprise Horizon Morocco, qui serait au centre d’un réseau de blanchiment d’argent et en lien étroit avec plusieurs autres entreprises fictives où transiteraient des sommes d’argent opaques. Selon le site Africa Intelligence, les juges parisiens enquêtent sur un réseau impliquant “une myriade de sociétés spécialement constituées dans différents pays pour se jouer de la TVA et autres taxes françaises, faciliter l’émission de fausses factures, blanchir des fonds provenant d’activités illégales et en dissimuler l’origine”. Cinq personnes proches de ces structures avaient déjà été interpellées à Paris la semaine dernière, dont cinq ex-trafiquants de drogue franciliens reconvertis dans la criminalité financière.
Malgré cette mise en examen, Gims reste engagé dans sa longue tournée qui doit le conduire jusqu’au Vélodrome de Marseille le 19 juin 2027, avec de nombreuses dates prévues dont Liévin le 18 avril et les plus grands festivals français. L’affaire pose désormais la question de savoir si l’artiste avait connaissance de l’origine douteuse des fonds engagés dans ce projet pharaonique.