À seulement 22 ans, Theodora a marqué la 41e édition des Victoires de la Musique en raflant quatre trophées : Révélation scène, Création audiovisuelle, Révélation féminine et Album de l'année pour Mega BBL. Un triomphe historique qui égale la performance de Zaho de Sagazan en 2024 et consacre une artiste au parcours aussi métissé que sa musique. «Je suis choquée, c'est une dinguerie», at-elle déclarée, émue, en recevant ses distinctions.
Née en Suisse de parents congolais réfugiés, Lili-Théodora Mbangayo Mujinga a bourlingué avec sa famille entre la Suisse, la Grèce et plusieurs villes françaises avant de poser ses valises en Bretagne. Son père, médecin diplômé sur le tard, reste un modèle pour elle, bien qu'elle ait grillé toutes les étapes. À 17 ans, elle se lance dans la musique, suivant l'exemple de son grand frère beatmaker Jeez Suave, devenu son manager. Judoka a affirmé avoir participé aux championnats de France, Theodora est une battante dont la voix unique fait rapidement parler. Après deux EP (Neptune en 2021, Lili aux paradis artificiels en 2023), l'explosion arrive en 2024 avec Kongolese et BBL, imposant un son nouveau entre électro et bouyon, musique de la Dominique.
Son franc-parler et sa conscience politique achèvent de la singulariser : « Quand tu es une fille noire et que tu fais de la musique en France, tu dois te battre cinq fois plus », affirme-t-elle dans The Fader. Sur scène à la Seine Musicale, vêtue d'un tutu, elle n'oublie pas ceux qui ont ouvert la voie : « Je voudrais remercier Aya Nakamura et Tiakola, qui ont permis à mon projet avec des sonorités afro-caribéennes d'être mieux comprises. En quittant la scène, ses quatre trophées dans les mains, la foule reprend en chœur Fashion Designa