Rappeur emblématique et membre du collectif IAM, Akhenaton est indéniablement l'un des rappeurs les plus écoutés en France et les plus engagés. Et justement il vient de livrer son témoignage sur le racisme dont il a été victime.
Pionnier du rap en France, Akhenaton a contribué à façonner la première ère de ce mouvement musical dans l'hexagone et continue aujourd’hui à établir quelques constats sur la société, à travers ses textes et lors de ses interviews. De passage dans l’émission « La face Katché », le rappeur actif depuis les années 90 est revenu sur un sujet épineux. Originaire de Marseille et fils d'une famille italienne, le rappeur de 53 ans et père de trois enfants n'a pas subi le racisme durant son enfance et son adolescence. En revanche, c'est quelques années plus tard qu'il a découvert les discriminations et plus exactement après sa conversion à l’islam en 1993. Il raconte à ce propos ; « Ma femme est noire, arabe et musulmane. C'est une sorte de All Stars Game. Dans ma génération, on n'a pas subi le racisme que subissent les Noirs et les Arabes en France. Je ne peux pas m'estimer victime, car la discrimination, je l'ai plus vécue en épousant ma femme, en cherchant un appartement, en me convertissant à l'islam ». Et de poursuivre sur une anecdote qui l'a profondément marqué et choqué : « Quand tu es jeune marié et que tu vas dans un appartement, et que la notice du propriétaire précise 'Pas de chien, pas de noir, pas d'arabe'... C'est chaud. Et là, tu vois ta femme, tes enfants, et tu te dis : 'Ce n'est pas possible, on en est encore là' ». AKH assure par ailleurs que l'aîné de ses fils subirait des contrôles au faciès de la police régulièrement. « J'ai vu de la peine dans les yeux de mon fils », avoue-t-il. Et de conclure, à propos de ces soucis qui frappent ses enfants, pourtant habitués à voyager et s'adapter à différents environnements : « Je suis triste pour mon pays mais les plus mauvaises expériences qu'ils ont eues, c'est ici. Aujourd'hui, mes trois fils la ressentent, cette stigmatisation. Ils veulent partir vivre à l'étranger».