Depuis la baisse de la vente de disques, et l’ère du tout numérique le streaming est devenu un moyen indispensable et important pour les artistes pour commercialiser leur musique. Toutefois les principaux acteurs tels que Spotify et Apple Music n’offrent pas des conditions de concurrence équitables pour les artistes indépendants et les maisons de disques.
En effet, des chercheurs de l'Université d'East Anglia à Norwich au Royaume-Uni ont mené une étude approfondie sur le fonctionnement des grandes plates-formes. Le constat de cette étude intitulé «Music Streaming: Is It a Level Playing Field? » est clair : les principaux acteurs du streaming comme Spotify et Apple Music désavantagent les artistes et labels indépendants et n’offrent pas de conditions équitables par rapports aux maisons de disques.
Le principal problème serait selon l’étude les playlists où les indépendants sont largement sous-représentés. Pour Amelia Fletcher, une des professeurs ayant contribué dans l’étude publié dernièrement, il s’agit d’un vrai problème: « les listes de lecture sur les plateformes de streaming musical jouent un rôle central dans la diffusion de la musique auprès des consommateurs. En tant que tel, il est important d’assurer une concurrence loyale afin que les artistes indépendants puissent avoir un accès équitable aux playlists» et précise «cet accès démesurément moindre est susceptible d'avoir un impact direct sur les revenus des labels indépendants et de leurs artistes ainsi qu'un impact indirect sur la durabilité de ce segment important du marché à l'avenir ».
Face à cette situation, les auteurs de l’étude proposent différentes idées pour réformer ce système. Le début serait d’assurer plus de transparence dans la création des listes de lecture et le fonctionnement des algorithmes derrière les recommandations musicales. Il conviendrait également de revoir le système de paiement qui devra d’urgence passer du système de paiement au prorata à une rémunération centrée sur l’utilisateur
Ne pas réformer le système, disent-ils, étouffera probablement l'innovation et la créativité à long terme - ce qui aura à son tour un impact à la fois sur l'industrie et les consommateurs.
Par ailleurs, l’étude plaide pour que les labels qui possèdent des parts dans ces plateformes se désinvestissent pour d’éviter tout risque potentiel de conflit d’intérêt. On souligne dans ce sens que Universal détient 3.5% de Spotify, Sony Music 2.9% ; alors que Deezer appartient en partie à la société mère de Warner Brothers, Access Industries.