Condamné à 3 ans de prison, Nicolas Sarkozy pourrait purger  sa peine à domicile avec un bracelet électronique

Condamné à 3 ans de prison, Nicolas Sarkozy pourrait purger sa peine à domicile avec un bracelet électronique

Par Karam Henni - 2 mars 2021

Condamné à 3 ans de prison, Nicolas Sarkozy pourrait purger  sa peine à domicile avec un bracelet électronique

Nicolas Sarkozy a été déclaré coupable de corruption et de trafic d’influence, hier, par le tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire dites des « écoutes ». Il devient, après Jacques Chirac, le deuxième ancien président de la République condamné sous la Ve République.

L’ancien chef de l’Etat a été déclaré coupable de corruption et trafic d’influence. La décision a été lue dans un très grand silence au tribunal correctionnel de Paris, que Nicolas Sarkozy a par la suite quitté sans faire aucune déclaration.

Le tribunal a prononcé la même peine, trois ans de prison dont un an ferme, à l’encontre de l’avocat Thierry Herzog et de l’ancien haut magistrat Gilbert Azibert. Le tribunal a reconnu l’existence d’un « pacte de corruption » entre les trois hommes, qui sont ressortis libres du tribunal, la peine étant aménageable. Thierry Herzog et Gilbert Azibert ont fait appel ainsi que Nicolas Sarkozy.

Après ce « jugement extrêmement sévère » et « totalement infondé et injustifié », Nicolas Sarkozy « est calme mais déterminé à poursuivre la démonstration de son innocence », a assuré son avocate Jacqueline Laffont.

Nicolas Sarkozy, qui a été « garant de l’indépendance de la justice, s’est servi de son statut d’ancien président pour gratifier un magistrat ayant servi son intérêt personnel », a déclaré la présidente de la 32e chambre correctionnelle de Paris, Christine Mée. Il devient le deuxième ancien président condamné sous la Ve République, après Jacques Chirac, en 2011, dans l’affaire des emplois fictifs de la Mairie de Paris.

Les faits remontent à 2014. M. Sarkozy était suspecté d’avoir tenté d’obtenir d’un magistrat à la Cour de cassation, Gilbert Azibert, des informations confidentielles le concernant, voire de faire annuler la saisie de ses agendas présidentiels après avoir obtenu un non-lieu dans l’affaire Bettencourt. M. Azibert, avocat général dans une chambre civile, n’intervenait pas directement dans ce dossier mais il aurait joué de ses relations. En échange, M. Sarkozy aurait promis d’intervenir en faveur du magistrat pour qu’il obtienne un poste de prestige à Monaco. L’accusation se fondait sur des conversations interceptées par la justice entre l’ancien président et son avocat sur une ligne officieuse – deux téléphones prépayés achetés sous le nom de « Paul Bismuth ».

Il est à préciser que Nicolas Sarkozy est ressorti libre de la salle d'audience et n'ira pas en prison. Comme le permet le code de procédure pénal, le tribunal a estimé que l'ancien président pouvait bénéficier d'aménagement de peine et purger ses années de prison libre, mais sous condition. Le fait qu'il puisse être placé sous surveillance à domicile via un bracelet électronique a été évoqué par le tribunal. L'appel est suspensif et la peine n'est donc pas effective.

Le 17 mars, Nicolas Sarkozy  affrontera un deuxième procès, dans l’affaire « Bygmalion », portant sur sa campagne présidentielle de 2012 et dans laquelle il est mis en examen pour « financement illégal de campagne électorale ».

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