Gims mis en examen : un milliard d’euros blanchis dans l’affaire du \"choco\", que lui reproche la justice ?

Gims mis en examen : un milliard d’euros blanchis dans l’affaire du "choco", que lui reproche la justice ?

Par Rayane Rebibane - 19 avr. 2026

Gims mis en examen : un milliard d’euros blanchis dans l’affaire du "choco", que lui reproche la justice ?

Le chanteur Gims a été placé sous le statut de mis en examen pour "blanchiment aggravé" et "blanchiment en bande organisée" le 27 mars, dans le cadre d’une enquête internationale révélée par Le Monde. L’Office national antifraude (ONAF) le soupçonne d’être lié à une organisation criminelle dirigée par un Franco-Marocain basé au Maroc. Ce réseau aurait blanchi plus d’un milliard d’euros entre 2014 et 2025, en utilisant plus de 2 000 sociétés écrans et une cinquantaine d’entreprises facturant des opérations fictives. Ces transactions servaient à blanchir des fonds issus de trafics illicites — notamment de stupéfiants — ou d’activités économiques non déclarées.

L’enquête ne se limite pas à la promotion du Sunset Village, un complexe immobilier controversé à Marrakech, que Gims présentait comme un simple partenariat commercial. Les enquêteurs estiment que plus de huit millions d’euros auraient transité entre des sociétés artistiques liées à l’artiste et les structures du réseau de blanchiment. Un montant qui soulève des questions sur l’ampleur de son implication, bien au-delà d’un rôle de caution médiatique.

Un détail a particulièrement attiré l’attention des médias : l’usage répété par Gims du terme "choco" dans ses échanges avec certains associés. Dans un message échangé avec son manager au sujet d’un showcase à Paris, on peut lire : « J’ai un privé à vingt minutes de Paris le 11 vers 22 heures. 40 000 euros, vingt minutes. T’es chaud de le faire ? » Son manager répond : « Ah ouais, purée. Choco ? » Interrogé par la police, Gims a expliqué que le terme "choco" désignait du cash, ajoutant que « pas mal de cash circulait dans le milieu ». Une déclaration qui a suscité des interrogations, car le cash est souvent un vecteur privilégié pour des transactions non déclarées.

Gims, pour sa part, rejette toute implication dans un réseau de fraude à grande échelle. Il présente ses relations avec le Franco-Marocain au cœur de l’affaire comme purement professionnelles, se limitant à la promotion du Sunset Village. Pour l’heure, aucun élément ne le relie directement aux opérations de blanchiment, mais l’enquête est encore en cours. La présomption d’innocence s’applique : Gims reste innocent jusqu’à preuve du contraire.

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