Face aux accusations de la députée LREM des Yvelines Aurore Bergé, le rappeur Médine a déposé plainte pour diffamation et dit attendre « une condamnation et des excuses publiques ».
Jeudi dernier, sur l’antenne de LCI, la députée LREM des Yvelines Aurore Bergé apportait son soutien à la ministre de l’Enseignement supérieur, elle a cité en exemple une conférence donnée par le rappeur à l’École normale supérieure en 2017 pour illustrer « ce qui se passe dans les universités françaises ». Voici donc ce qu’elle a déclaré: « vous avez par exemple ce rappeur islamiste Médine, vous savez, celui qui disait qu’il fallait tuer les laïcards, est-ce légitime qu’une école aussi prestigieuse que l’ENS donne la parole à celui qui appelle au meurtre? ». La député faisait référence au titre « Don’t laïk », sorti en 2015 en qualifiant le rappeur d’ »islamiste ».
Après avoir réagi brièvement au moment de cette prise de parole, le rappeur havrais a annoncé sur ses réseaux sociaux avoir officiellement déposé une plainte contre la députée du parti au pouvoir. Auprès de Mediapart, le rappeur a fait savoir « c’est la fois de trop ». Le Havrais a estimé que la députée voulait lui «coller une idéologie qui n’est, bien sûr, pas la (s)ienne». « J’assiste au revirement médiatique de cette frange du gouvernement qui est en train de se radicaliser en adoptant un discours plus à droite, voire à l’extrême droite. J’ai l’impression que le temps du dialogue est révolu » a-t-il souligné, tout en ajoutant « j’ai la possibilité, en tant qu’artiste populaire, de répondre à cette dérive radicale. Je connais les moyens d’accéder aux médias, je connais le chemin juridique qui me permettra de faire valoir mes droits. Je suis exposé ». « Je suis dans la lumière et je dois servir d’exemple, voire de symbole à tous les gens qui me suivent. Je veux montrer à celles et ceux qui subissent des brimades ou des fausses accusations, comme celles portées à mon encontre, que l’on peut agir et dire Stop, c’est terminé ». Un message clair et explicite. « J’attends une condamnation et des excuses publiques. Je vais demander la totale : dommages et intérêts. C’est mon honneur qui est mis en jeu ».
En 2018, Médine avait dû annuler deux concerts au Bataclan après avoir été la cible de personnalités politiques comme Marine Le Pen ou Brice Hortefeux. Déjà à l’époque, le rappeur avait notamment été accusé de complaisance avec l’islamisme.
En réponse, dans le morceau Voltaire, issu de son album Grand Médine, sorti en novembre 2020, le rappeur évoque une « liberté d’expression à géométrie variable ». Il dénonce aussi la chasse aux sorcières exercée sur les artistes de « culture musulmane ».