D smoke est un rappeur qui ne vous dit pas forcément grand chose. Et pourtant, le gagnant de Rhythm + Flow USA s'est rapidement fait un nom Outre-atlantique. En plus du prix de 250 000 dollars, le rappeur californien de 34 ans démarre sur les chapeaux de roues, avec notamment un son en featuring avec Snoop Dogg sur son premier album.
Le phénomène D smoke avec ce style particulier jouant sur des sonorités de world music, de jazz et de hip-hop de la west-side a réussi à s'imposer rapidement dans le paysage rap de la côte Ouest. Ce succès critique et public a fait grimper la crédibilité de l'émission de Netflix. Et si T.I, Chance the rapper et Cardi B, les trois juges américains sont des pointures dans le milieu du rap, le show qui arrive en France aura aussi droit à son lot de figure du rap hexagonal puisque c'est Shay, Niska et SCH qui se chargeront de dénicher la nouvelle pépite du rap français. Un choix avisé ? 
Netflix veut mettre en lumière la musique urbaine
Que Netflix s'intéresse au rap n'est pas nouveau, les documentaires sur les rappeurs, notamment français, ont déjà été mis en ligne par la plateforme (maitre Gims ou Bigflo et Oli), mais avec ce show, c'est toute l'industrie télévisuelle qui prend conscience de la légitimité du rap dans le milieu musical.
Si les origines indéniablement « street » ne sont pas reniées, on peut se demander si Netflix ne surfe pas sur un phénomène intrinsèquement populaire et participe ainsi à l'aseptisation du rap. C'est une question qui est démentie par les faits en ce qui concerne la première édition américaine. Le gagnant est un pianiste accompli, un parolier talentueux, et il n'est pas un débutant dans le milieu. Rhythm + Flow a simplement été un accélérateur de carrière pour D smoke qui est un artiste engagé et qui est donc tout sauf un produit fabriqué par les maisons de disques. Le spectacle était au rendez-vous lors de cette édition, on espère donc que sera aussi le cas pour la version française. Une mise en lumière du rap ? 
Netflix aimerait appâter le public urbain avec l’émission
En plus de nous faire découvrir des talents inconnus, on remet aussi la musique au centre, loin des affaires médiatiques qui défraient la chronique. Car le but est aussi de redorer l'image du rap. En effet, malgré l'engagement de nombreux artistes, comme Nelly qui avait participé à l'événement de charité Ante Up for Africa, les nombreux clashs des rappeurs ont fini par entacher la réputation de la musique urbaine.
Une émission qui met donc en valeur la musique dans le rap ne peut être qu'une bonne chose si tous les styles sont représentés. Tous les amateurs de rap ont envie de voir le nouveau Kery James, la nouvelle Diam's ou un Jul se révéler devant leurs yeux et enchanter leurs oreilles. Reste à voir si la version hexagonale ne va pas pousser les candidats vers un rap plus « mainstream » que dans la version américaine. Une des raisons du succès du show aux États-Unis a été sa capacité à allier des styles aussi variés que la trap ou le jazz-rap. Tout le monde en a eu pour son argent, les puristes amateurs du old-school comme le public friand de la nouvelle vague autotunée. Gageons que Netflix misera sur une même recette.
Les juges de l’émission
La distribution des juges français à été judicieuse. Un Parisien au style trap bien à lui, Niska. Le marseillais SCH, qui peut passer de la trap à un style plus old-school, et enfin Shay, la rappeuse belge qui est l'artiste féminine la plus en vue de la scène rap en ce moment. Il serait d'ailleurs intéressant de voir des rappeurs des pays francophones limitrophes, les Belges nous ont prouvé qu'ils avaient de la ressource en matière de talents. Damso ou Roméo Elvis sont là pour en attester.
Rhythm + Flow la nouvelle école risque donc de faire des vagues dans le milieu du rap. Mais si le show a autant de succès que la version américaine, si les compétiteurs et compétitrices sont aussi bons et variés, c'est alors un tsunami qui s'abattra sur la scène française, et de nouvelles têtes pourraient bien concurrencer les juges.