Comme pressenti, il semblerait bien que le tabassage du jeune Yuriy n’est autre qu’une expédition punitive au gout de vengeance. C’est en tout cas ce que révèlent de nouveaux éléments de l’enquête en cours, car les policiers orientent désormais leurs recherches vers un affrontement entre « deux bandes rivales ».
Se basant sur des témoignages et sur des sources proches du dossier, le Parisien évoque deux bandes : la bande dite «RD4», dont Yuriy a été réputé faire partie, et celle appelée «2BS» ou «Bambes», originaire de Vanves (Hauts-de-Seine). Cette dernière a été découverte grâce aux cameras de surveillance le soir de l’agression de Yuriy, où la bande a été filmé dans les couloirs du métro parisien. Grâce à ces images une partie des individus qui seraient responsables du lynchage de l’adolescent de 15 ans ont été arrêtés.
Pour rappel, quelques jours avant l’agression de Yuriy, un jeune garçon y était frappé et humilié dans le même endroit par des jeunes de la bande RD4. Dans une vidéo, le garçon au visage ensanglanté se voit intimer de ne «plus revenir sur la dalle». Auditionnée, la victime s'est montrée réservée, et a fait état d'une «quinzaine d'individus masqués et cagoulés». Yuriy en faisait «sûrement» partie, selon le jeune homme, pour qui il s'agissait de «la bande de Yuriy», avec qui il était venu discuter, avant d'être pris au piège.
Pour le moment aucun élément ne permet de dire que Yuriy faisait bien partie de l'expédition punitive. Toutefois la police n’a pas de doute sur son appartenance au gang « 4FP ». En effet, le pseudo de l’adolescent sur Instagram est « yr.4fp », en raison de la rue Quatre-Frères-Peignot dans le XVe arrondissement parisien. Cela même si sa mère continue de le défendre en déclarant «avoir des amis au sein d'une bande ne signifie pas en être membre». Il faut savoir aussi que lors de son agression, Yuriy avait sur lui un tournevis. Là encore, la mère trouve une explication ; «son tournevis sur lui, c'était simplement pour un cours d'art plastique, et il n'a pas frappé ce jeune ».
Si les adolescents des deux bandes restent silencieux devant les policiers, c’est une autre chose sur les réseaux sociaux, où les jeunes avait publiés des vidéos sur snapchat pour se glorifier d'avoir passé à tabac leur rival. La police a récupéré les bornages des téléphones concernés, et a pu avoir accès à des conversations sur Signal. Depuis interpellés, onze personnes ont été déférées, et cinq d'entre elles sont en détention préventive.
Il est à souligner qu’en raison de sa santé, Yuriy n’a pas encore été auditionné