Un détenu de la prison de de Meaux-Chauconin (Seine-et-Marne) est décédé après avoir été transféré à l'hôpital de Jossigny en arrêt cardiovasculaire. La cause serait une altercation avec un des surveillants de la prison. Deux enquêtes, l’une judiciaire et l’autre administrative, ont été ouvertes.
Jimony Rousseau, âgé de 28 ans est décédé mardi dernier à l’hôpital de Jossigny, huit jours après y avoir été transporté par le SAMU en arrêt cardio-respiratoire. Selon les premiers éléments de l'enquête « encore parcellaires », le détenu aurait refusé le 25 janvier de réintégrer sa cellule après la promenade, en se montrant « très agité et agressif » selon un communiqué de la procureure de Meaux, Laureline Peyrefitte. En détention provisoire depuis début janvier avant son procès pour des faits de violences conjugales, « il se serait opposé violemment à son menottage, notamment en mordant au sang l'un des surveillants pénitentiaires, lesquels usaient de la contrainte pour le faire lâcher prise et le maîtriser », précise-t-elle.
Lors de son transfert au quartier disciplinaire, « les surveillants constatant qu'il était devenu subitement calme, ont appelé l'unité médicale ». Le jeune homme a ensuite été transféré à l'hôpital par le Samu alors qu'il était en arrêt cardio-vasculaire. Selon les résultats de l'autopsie réalisée mercredi, des ecchymoses et contusions ont été retrouvées sur le corps du détenu. Des examens complémentaires sur les causes précises du décès doivent être effectués prochainement.
Toutefois, un surveillant pénitentiaire, interrogé par l'AFP, a indiqué que le détenu « vulnérable, a été roué de coups » lorsqu'il a été maîtrisé, notamment « à la tête (...) alors qu'il était menotté et maîtrisé au sol ». Selon ce surveillant, les agents qui sont intervenus étaient pour la plupart « stagiaires ou inexpérimentés » et seraient « intervenus sous la supervision de plusieurs supérieurs hiérarchiques ».
Hier, plusieurs centaines de personnes ont participé à une marche blanche jusqu’à la prison de Meaux (Seine-et-Marne) pour réclamer la « vérité » sur la mort d’un détenu de 28 ans.
Après la manifestation, vers 15 h 15, une soixantaine des 800 détenus du centre pénitentiaire ont refusé de regagner leur cellule après la promenade, a fait savoir à l’Agence France-Presse l’administration pénitentiaire. Les équipes régionales d’intervention et de sécurité (ERIS) sont intervenues, et la direction de la prison est venue s’entretenir avec eux. La situation est revenue à la normale vers 18 heures.