Un niçois se retrouve à son insu traité de ‘’barbu terroriste’’ dans  un film Netflix

Un niçois se retrouve à son insu traité de ‘’barbu terroriste’’ dans un film Netflix

Par Karam Henni - 13 juin 2021

Un niçois se retrouve à son insu traité de ‘’barbu terroriste’’ dans  un film Netflix

C'est une histoire rocambolesque et peu ordinaire qui s'est déroulée dans les rues de Nice. Un jeune niçois de 22 ans, électricien de profession s’est  retrouvé dans un film produit par Netflix et où on le désigne comme « barbu, terroriste ».

En effet, un nouveau film d'action, produit par Netflix et réalisé par le Français Julien Leclerq, vient d'apparaître sur la plateforme. Dans Sentinelle, de retour à Nice après une mission traumatisante, une soldate d'élite n'hésite pas à utiliser ses talents meurtriers pour traquer l'agresseur de sa sœur.

Nice-Matin, qui relate l'histoire, explique que Rami Sahli, 22 ans, a reçu plus de 80 messages: « Je t’ai vu dans un film sur Netflix », « Ils disent que tu es un barbu. Ça craint, on dirait que tu es un terroriste dessus », a-t-il lu avec effroi. On le voit en effet, filmé dans le viseur de l'arme de l'héroïne. Il sert la main d'un ami, sac sur le dos, avant de continuer sa route à pieds. L'image aurait été capturée en décembre 2019 alors qu'il partait d'un chantier. Rami est électricien, il ne faisait que quitter son travail en disant au revoir à un collègue et ami.

« L'audio description me traite de barbu. Je n'ai rien à voir avec l'islamisme, le terrorisme. La scène est tournée à l'endroit même de l'attentat de Nice ! Je ne comprends pas comment le réalisateur peut me faire passer pour un terroriste. Juste parce que je suis maghrébin?» dénonce Rami Sahli, qui n'a jamais donné son accord et n'a pas signé de contrat.

Dans le film produit par Labyrinthe Cinéma et Umedia, et qui a été classée numéro1 lors de sa sortie aux USA, la séquence apparaît à la 19e minute comme étant observée fébrilement depuis le toit-terrasse d’un hôtel, à travers la lunette du famas d’une militaire, l’héroïne principale incarnée par l’actrice Olga Kurylenko.

Mais au-delà de l’utilisation de son image, sans son consentement, ce qui a surtout choqué le jeune homme et ses proches, c’est donc l’utilisation du terme « barbu » dans la piste « audiodescription » que son avocat a fait constater par huissier avant que Netflix ne le fasse remplacer. « Deux jeunes barbus munis de sacs à dos se serrent la main et se séparent », indiquait la voix off dans la séquence publiée sur Twitter par un journaliste de Nice-Matin. Modifiée, la bande-son disponible évoque désormais deux jeunes « hommes ». « C’est un terme très connoté, surtout dans ce contexte de surveillance et de terrorisme », pointe son avocat dans Nice-Matin. 

Le jeune homme craint désormais que le film ne lui porte préjudice. Avec son avocat, Jean-Pascal Padovani, il a déposé une plainte au pénal pour provocation publique à la discrimination et à la haine raciale. Il a également attaqué Netflix pour atteinte au droit à l'image.

Selon l'avocat, Netflix aurait tenté de minimiser l'importance de la scène dans le film. Pourtant, après qu'un premier courrier leur a été envoyé, la plateforme n'a modifié que l'audio description. La scène, elle, apparaît toujours. Rami Sahli réclame désormais que son image soit totalement retirée du film et de la bande-annonce.

Merci de patienter