Une sanglante opération anti-drogue fait 25 morts à Rio (vidéo)

Une sanglante opération anti-drogue fait 25 morts à Rio (vidéo)

Par Karam Henni - 8 mai 2021

Une sanglante opération anti-drogue fait 25 morts à Rio (vidéo)

Une opération anti-drogue menée dans une favéla à Rio de Janeiro a été sanglante avec pas moins de  25 personnes tuées. Cette descente est la plus meurtrière de toute l'histoire de la métropole brésilienne et de l'État dont elle est la capitale.  

La favela de Jacarezinho, dans le nord de Rio, s'est transformée en champ de bataille jeudi à l'aube. Des habitants ont rapporté avoir vu des cadavres gisant dans les ruelles dans des mares de sang, et de nombreux corps embarqués à bord d'un véhicule de police blindé.

La police a confirmé la mort de « 24 suspects » et d'un policier, tué d'une balle dans la tête au tout début de l'intervention qui aura duré 7 heures, soit le bilan le plus élevé de l'histoire de l'État de Rio de Janeiro pour une opération antidrogue. 

Selon la police, l'opération a été menée contre des trafiquants de drogue accusés de recruter des mineurs à Jacarezinho, considéré comme une base du Comando Vermelho (le « Commando rouge »), le plus important gang de trafic de drogue de Rio de Janeiro. 

Échanges de tirs nourris, grenades, bombes, blindés dans les rues étroites, trafiquants fuyant et répliquant par les toits, c'est donc une véritable scène de guerre qu'ont vécue les habitants du Jacarezinho, sans oublier les balles perdues qui ont atteint jusqu'au métro (2 blessés dans une rame).

Un responsable de la police a affirmé que « tous les protocoles » ont été respectés par la police pour ouvrir le feu. 

Mais Silvia Ramos, coordinatrice de l'ONG Réseau d'observatoires de la sécurité publique, a dénoncé « une opération mal planifiée qui, après la mort d'un policier, a viré à l'opération de vengeance ». 

L'opération s'est déroulée en dépit d'un arrêt de la Cour suprême interdisant à la police de mener des raids dans les favelas appauvries du Brésil pendant la pandémie de coronavirus, sauf dans des « circonstances absolument exceptionnelles ». 

L'organisation Human Rights Watch a exigé que « la police préserve les lieux des faits, sans toucher aux corps, jusqu'à la fin des investigations », estimant que « de graves failles » avaient été observées dans les enquêtes pour homicide impliquant la police de Rio dans le passé.

Une enquête est donc déjà lancée par le Ministère Public comme par des organisations de défense des droits humains, l'ordre des avocats du Brésil et le défenseur des droits de l'État de Rio, pour déterminer les circonstances de cette intervention et les causes exactes de sa létalité. 

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